samedi 27 décembre 2014

2015-2020: vers la fin des aurores polaires

Aurores polaires et activité solaire

Les aurores boréales (celles qui sont visibles au nord) ou australes (au sud), ces superbes illuminations célestes principalement observables dans les régions proches des cercles polaires, sont liées aux taches solaires, ces zones un peu plus froides du Soleil (4000°C au lieu de 6000°C) où le champ magnétique de notre étoile est plus intense et très perturbé.

Ci-contre: les taches solaires en direct.

Ces images sont actualisées quotidiennement et permettent d'observer le déplacement quotidien des taches solaires, ou plus précisément la rotation du Soleil sur lui-même, qu'il effectue en environ 26 jours.

Parfois, certaines taches particulièrement puissantes produisent des éjections de masses coronales (EMC ou CME en anglais), et une quantité phénoménale de particules ionisées (principalement des électrons et des protons) est alors expédiée dans l'espace, à environ deux millions de km/h.

Si une EMC se produit en faisant face à la Terre, il y a de grandes chances que notre planète se trouve sur la trajectoire des particules émises, et après un voyage de 150 millions km fait en trois ou quatre jours, ces dernières sont captées par le champ magnétique terrestre pour enfin venir percuter les molécules d'oxygène et d'azote  présentes dans la haute atmosphère au niveau des cercles polaires

L'énergie transmise à ces molécules est telle qu'elles vont en retour émettre des photons, c'est-à-dire de la lumière. En principe, l'oxygène émet du vert et du rouge, alors que l'azote produit du bleu, du rouge et du violet.

Dans ces régions là, au sol, et si la météo le permet, le grandiose spectacle peut commencer:





Ces dernières années, et grâce à la diffusion au plus grand nombre de caméras toujours plus évoluées, de nombreux amateurs ont pu réaliser et diffuser sur le web des vidéos toutes plus époustouflantes les unes que les autres:



Celestial Lights from Ole C. Salomonsen on Vimeo
 


A quelle vitesse une aurore polaire se transforme-t-elle ?
La réponse dans cette vidéo

Le 23 juillet 2012, une éruption géante et quatre fois plus rapide que la normale a frôlé la Terre (A une semaine près, la Terre était dans la zone en question).

L'éruption était d'une intensité similaire à celles de 1859 (désignée sous le terme "the Carrington Event") et qui avait permis pour la première fois de faire le lien entre des éruptions solaires, vues en direct par un astronome (Richard Carrington, à Londres), et les aurores polaires engendrées peu après.

Celles-ci furent d'ailleurs si intenses et colorées qu'elles purent être vues dans toute l'Europe, en Amérique, à Hawaii, et même parait-il jusqu'à Tahiti !


Certaines lignes et appareils télégraphiques de l'époque prirent feu.


Si l'éruption du 23 juillet 2012 -  d'une même intensité donc -  avait heurté la Terre, on estime que les dégâts en satellites, ordinateurs, serveurs, lignes électriques, etc... auraient coûté dans les 2000 milliards de $, soit 20 fois les dégâts du cyclone Katrina.


Un peu partout dans le monde, beaucoup d'appareils comme des satellites ou simplement des gros transformateurs électriques auraient mis des années à être reconstruits.


Mais pour essayer d'appréhender vraiment ce que cette éruption solaire aurait pu faire, le mieux est de relire Ravage, de Barjavel.





Toujours grâce à internet, les aurores polaires deviennent (presque) prévisibles

Puisque les aurores polaires sont liées aux éjections de masse coronale dirigées vers la Terre, il suffit de surveiller le Soleil sur le web et de guetter d'éventuelles EMC, par exemple sur l'excellent site spaceweather.com.

On sait alors que trois ou quatre jours plus tard, c'est-à-dire le temps de prendre les billets d'avion et d'organiser son voyage vers la Scandinavie (Norvège, Finlande), la probabilité d'avoir des aurores polaires est décuplée.

Certains sites permettent même de savoir dans quelle région du monde il vaut mieux aller.



Et certains hotels de Scandinavie proposent des bungalows igloos transparents pour admirer les aurores polaires en restant bien au chaud ! Ou en tout cas pour les repérer.




Mais tout ceci va bientôt s'arrêter...

Les aurores polaires étant liées à l'activité solaire, celles-ci sont forcément liées au cycle solaire, qui, tous les onze ans environ, admet un maximum (dernier en 2013, assez faible), et un minimum, le prochain étant prévu pour 2020.

Plus aucune tache ne sera alors visible, et ce pendant des mois. Il faudra attendre 2024 pour avoir à nouveau un maximum d'activité solaire.



Durant l'année 2015 qui s'annonce, le nombre moyen de taches solaires va baisser, et avec lui la probabilité de pouvoir contempler une aurore polaire.

Dis d'une autre façon, si vous souhaitez en voir une, en vrai, ne tardez pas trop.

Ou alors, allez voir celle que propose à Paris une célèbre chaîne de magasin de meubles en kit.

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